S’installer en profession libérale, c’est faire le choix de l’indépendance. C’est décider d’exercer son métier à son compte, de construire sa propre clientèle, de gérer son rythme, ses revenus, ses charges et son développement.
Mais très vite, une question se pose : quel régime fiscal choisir ?
Micro-BNC, déclaration contrôlée, TVA, CFE, charges déductibles, cotisations sociales… La fiscalité des professions libérales peut sembler technique, surtout lorsqu’on démarre. Pourtant, ces choix ont un impact direct sur la rentabilité de l’activité, le niveau d’imposition, la trésorerie et la stratégie patrimoniale du professionnel.
Chez LMC Invest, cabinet en gestion de patrimoine au Havre, nous accompagnons des professionnels libéraux qui souhaitent mieux comprendre leur situation, optimiser leur fiscalité et prendre les bonnes décisions dès le départ, ou au moment où leur activité évolue.
Une profession libérale désigne une activité exercée de manière indépendante, reposant généralement sur une expertise intellectuelle, technique, médicale ou juridique.
On retrouve notamment des professions de santé, comme les médecins, infirmiers libéraux, kinésithérapeutes, vétérinaires ou orthophonistes. Mais aussi des professions juridiques, des consultants, des architectes, des experts, des formateurs, des ingénieurs indépendants ou encore certains métiers du conseil.
Les professions libérales peuvent être réglementées ou non réglementées.
Les professions réglementées nécessitent un diplôme, une inscription à un ordre ou à une instance professionnelle, ainsi que le respect de règles déontologiques propres au métier. C’est le cas, par exemple, des avocats, des médecins ou des experts-comptables.
Les professions non réglementées regroupent des activités libérales qui ne nécessitent pas forcément de diplôme obligatoire, mais qui relèvent tout de même d’une prestation intellectuelle, technique ou de conseil.
Dans la majorité des cas, le professionnel libéral exerce comme travailleur non salarié. Ses revenus relèvent alors de la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux, plus connus sous le sigle BNC.
Le régime micro-BNC permet aux personnes physiques exerçant une activité non commerciale de bénéficier de formalités fiscales, sociales et comptables simplifiées.
Les BNC, ou Bénéfices Non Commerciaux, concernent notamment les revenus issus des professions libérales. Ils se distinguent des BIC, les Bénéfices Industriels et Commerciaux, qui concernent les activités commerciales, industrielles, artisanales ou certaines prestations de services.
Le régime micro-BNC s’applique de plein droit l’année de création de l’entreprise, puis tant que les seuils de recettes sont respectés.
En 2026, un professionnel imposé dans la catégorie des BNC peut bénéficier du régime micro-BNC si ses recettes annuelles hors taxes n’excèdent pas 83 600 €. Ce seuil s’apprécie au regard du chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année.
En tant que professionnel libéral, il est possible d’opter, sous conditions, pour le versement fiscal libératoire.
Ce dispositif permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, lors des déclarations mensuelles ou trimestrielles auprès de l’URSSAF. L’impôt est alors calculé en appliquant un taux directement sur le chiffre d’affaires déclaré.
Pour les activités libérales relevant des BNC, ce taux est de 2,2 % du chiffre d’affaires.
Cette option doit toutefois être étudiée avec prudence. Si le professionnel n’est pas imposable ou faiblement imposé, le versement libératoire n’est pas toujours intéressant.
En micro-BNC, les obligations déclaratives sont simplifiées. Il suffit de reporter le montant des recettes annuelles sur la déclaration de revenus complémentaire 2042-C-PRO, dans la rubrique dédiée aux BNC. L’impôt sur le revenu est ensuite calculé après application de l’abattement forfaitaire, puis soumis au barème progressif de l’impôt.
Le régime micro-BNC permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire pour frais professionnels de 34 % sur les recettes encaissées. Lorsque les dépenses réelles sont faibles, cet abattement peut être particulièrement avantageux.
Sur le plan comptable, les obligations sont également allégées. Le professionnel n’a pas à tenir une comptabilité complète. Il doit principalement tenir un livre des recettes retraçant le détail de ses encaissements professionnels.
Enfin, sous conditions, il peut opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, ce qui peut simplifier le paiement de l’impôt.
Le régime micro-BNC n’est pas accessible à tous les professionnels libéraux, notamment lorsque les seuils de recettes sont dépassés.
Son principal inconvénient est l’impossibilité de déduire les dépenses réelles. L’abattement de 34 % est censé couvrir l’ensemble des frais professionnels, mais si les charges réelles sont plus importantes, le régime devient moins favorable.
Le professionnel ne peut pas non plus amortir les investissements réalisés, contrairement au régime réel. Cela peut être pénalisant lorsqu’il doit financer du matériel, un véhicule, des équipements ou un local professionnel.
Enfin, certains dispositifs fiscaux ou aides spécifiques ne sont pas accessibles aux professionnels relevant du régime micro-BNC, notamment lorsque le bénéfice d’un avantage nécessite d’être soumis à un régime réel.
Le régime réel, aussi appelé régime de la déclaration contrôlée, s’applique lorsque les seuils du micro-BNC sont dépassés sur les années de référence.
Il est également possible d’opter volontairement pour ce régime, même lorsque les recettes restent inférieures au seuil du micro-BNC.
L’option pour le régime réel doit être formulée dans les délais prévus pour le dépôt de la déclaration 2035. Elle ne nécessite pas de formalisme particulier : en pratique, le simple dépôt de la déclaration 2035 dans les délais vaut option.
L’option est valable pour un an et reconduite tacitement chaque année. Si le professionnel souhaite renoncer au régime réel et revenir au micro-BNC, il doit notifier son choix à l’administration fiscale avant la date limite de dépôt de la déclaration 2035.
Les professionnels libéraux soumis au régime réel doivent remplir des obligations comptables et fiscales plus complètes.
Ils doivent notamment déposer une déclaration de revenus professionnelle 2035-SD, couramment appelée déclaration 2035. Cette déclaration permet de déterminer le résultat fiscal de l’activité, c’est-à-dire le bénéfice ou le déficit. Les professionnels relevant de la déclaration contrôlée doivent tenir une comptabilité et déposer une déclaration 2035-SD.
Le résultat obtenu doit ensuite être reporté sur la déclaration annuelle de revenus 2042-C-PRO.
En matière sociale, le professionnel doit également transmettre les informations nécessaires au calcul de ses cotisations sociales auprès des organismes compétents, notamment via les démarches prévues par l’URSSAF.
Dans certains cas, notamment lorsqu’il existe des rétrocessions d’honoraires, une déclaration spécifique comme la DAS2 peut être nécessaire.
À noter également : les professionnels libéraux peuvent être assujettis à la TVA. Certaines professions, notamment dans le domaine de la santé, bénéficient toutefois d’une exonération. D’autres peuvent être en franchise en base de TVA lorsque leur chiffre d’affaires reste sous les seuils applicables.
Le principal avantage du régime réel est la possibilité de déduire les dépenses réellement engagées dans le cadre de l’activité.
Contrairement au micro-BNC, le professionnel ne dépend pas d’un abattement forfaitaire. Il peut déduire ses frais professionnels réels : loyer, matériel, logiciels, assurances, frais de déplacement, honoraires, formations, frais bancaires ou encore dépenses liées au fonctionnement du cabinet.
Le régime réel permet également de déduire des amortissements sur certains biens professionnels. Cela peut être particulièrement intéressant en cas d’investissement dans du matériel, un véhicule ou des équipements nécessaires à l’activité.
Enfin, ce régime peut ouvrir l’accès à certains avantages fiscaux, crédits ou réductions d’impôt, selon la situation et l’activité exercée.
Le régime réel implique des obligations comptables plus importantes.
Il nécessite une tenue comptable rigoureuse, le suivi précis des recettes et dépenses, ainsi que le dépôt de déclarations fiscales spécifiques. Un mauvais suivi ou un non-respect des obligations déclaratives peut exposer le professionnel à des difficultés en cas de contrôle fiscal. Le professionnel peut avoir besoin de l’accompagnement d’un expert pour sécuriser ses déclarations et optimiser sa gestion.
Le régime micro-BNC peut être particulièrement intéressant au lancement d’une activité libérale. Il permet de bénéficier de démarches administratives, comptables et fiscales allégées. Il est aussi adapté lorsque les charges professionnelles sont faibles. Dans ce cas, l’abattement forfaitaire de 34 % peut être plus favorable que la déduction des dépenses réelles.
En revanche, lorsque les charges dépassent l’abattement de 34 %, le régime réel devient souvent plus pertinent. Il permet de déduire l’ensemble des dépenses professionnelles, d’amortir certains investissements et de réduire plus justement le bénéfice imposable.
Le bon choix dépend donc du niveau de recettes, du montant des charges, des investissements nécessaires, de l’évolution de l’activité et de la situation personnelle du professionnel.
Pour une profession libérale, la fiscalité ne doit pas être choisie uniquement par simplicité. Elle doit être adaptée à la réalité de l’activité et aux objectifs du professionnel.
Chez LMC Invest, cabinet en gestion de patrimoine au Havre, nous accompagnons les professions libérales dans cette réflexion afin de les aider à choisir une stratégie cohérente, à optimiser leur fiscalité et à anticiper les impacts sur leur patrimoine.
Vous exercez en profession libérale ou vous vous lancez prochainement ? Un accompagnement personnalisé peut vous permettre de faire les bons choix dès le départ.